Souche Magazine

Et Dieu créa la femme!

Written by  Virginie Francoeur | 25 Juil 2012

Pourquoi un mec mi-cinquantaine au volant d’une Carrera ou d’autre bagnole de luxe réussit-il à séduire si facilement, jusqu'à la fin de ses jours, de jolies et jeunes filles, même s’il n’a jamais fréquenté une salle de gym, ou fait un seul push-up ?

J’ai l’impression, peut-être erronée, que les hommes ont tendance à vieillir mieux que les femmes, du moins ils en ont la conviction et souhaitent conserver cette image : comme un bon vin, ils se bonifieraient avec l’âge, acquérant valeur, sagesse et sex appeal ! Je me trompe, mesdames? Pourquoi ces hommes aux cheveux sel et poivre continuent, ou commencent, à nous faire rêver, fantasmer? En ce qui me concerne, j’ai de la difficulté à trouver des modèles de femmes passées la cinquantaine, aussi spontanément irrésistibles. Est-ce que notre société occidentale accepterait mieux les hommes qui prennent de l'âge? On nous répète pourtant, dans les magazines et les émissions radio-télé, que les temps ont changé et que les femmes sont plus que jamais bien dans leur corps, jusque dans la quarantaine avancée… On les appelle les « quadras », ironiquement! Mais on sait bien, nous femmes de tous les jours, qu'il n'en est pas ainsi et que c'est l'homme qui a toujours le haut du pavé, jusqu'à un âge plus qu'avancé…

 Au restaurant où je travaillais, j’entendais souvent des conversations d’hommes d’âge mûr, qui reluquaient les jeunes filles, les zieutant comme des prédateurs, vilains loups des contes de notre tendre enfance. Si elles n’étaient pas shapées comme des Gisele Bündchen, ils ne se gênaient pas pour y aller de remarques disgracieuses. C’est étonnant, mais j’ai l’impression que les hommes ne remarquent que les défauts chez une femme mûre… si minimes soient-ils ! Quant à eux, ils peuvent être médiocres, flasques et ridés, mais cela ne compte pas! Alors que chez la femme, le moindre détail est inacceptable, impardonnable. On veut nous imposer, nous vendre l'objectif  de la totale perfection, à tout prix, coûte que coûte!

Ensuite, il y a le vieillissement en général qui, selon Simone de Beauvoir dans son massif essai sur la vieillesse, commence plus tôt que l'on pourrait se l'imaginer, si tôt qu'on en a le vertige tout au long de la lecture! Mais dans le concret, le tarissement de peau se fait à notre insu, et ce depuis des lustres, sans qu'on n'y puisse rien changer! Pourquoi cette angoisse de la vie qui fait son œuvre? Peur de se défraîchir, de se flétrir dès les premiers signes de ménopause. Et puis vient rapidement la tentation irrésistible de se payer un premier face-lift, juste un seul se dit-on, ça ne peut être trop dommageable, trop compromettant! Car la compétition avec les femmes plus jeunes et plus sexy que soi est féroce, surtout si on est encore célibataire, ou si son mec commence à jeter des regards furtifs en direction des « pétards » qui ondulent sur les terrasses… ou sur les plages

Les Barbies défraîchies, d’une cinquantaine d’années, mènent un combat acharné pour conserver cette jeunesse de corps, qui fait force de loi sur le territoire de la séduction masculine; elles en veulent toujours plus de cette fontaine de jouvence, ce n’est jamais assez, jamais rassasiées les femmes qui refusent de ne plus être « filles »… Il faut s'assurer que fesses, hanches, jambes et seins sont à l'image des modèles de magazines! Pourquoi donc se comparer ainsi aux autres constamment?

Il faut comprendre que les hommes et les femmes ne suivent pas la même évolution au cours de leur vie. Chez la femme, il y a l’apparition des premières règles, la période de fertilité, les grossesses, l’allaitement, la ménopause… Notre horloge biologique n’est pas réglée au même rythme que celles du genre masculin. Les femmes atteignent leur apogée entre vingt et trente ans affirment les spécialistes. C’est pourquoi elles s'ingénient à demeurer dans cette aire temporelle le plus longtemps possible.  Quant aux hommes, les études démontrent qu'ils acquièrent expérience et charisme avec l’âge, qu'ils s’accomplissent beaucoup plus tard que les femmes. Quand verra t-on des femmes, d’une cinquantaine d’années et plus même, se réunir le jeudi soir dans un 5 à 7 au Cavalli, pour flirter sans arrière-pensée coupable, ni aucune inhibition?

Photo : We Make It All Better


Fille du poète-rock, artiste et professeur de littérature Lucien Francoeur et de l’écrivaine poétesse Claudine Bertrand, Virginie a grandi à Outremont. Au cours de son adolescence, elle a multiplié les séjours et les déplacements entre Los Angeles et Paris. Elle a participé à quelques émissions de radio et télé, ainsi que figuré dans plusieurs magazines. Au début de la vingtaine, elle a décidé de prendre une autre direction que celle de ses parents : malgré son engouement pour la lecture et sa fascination pour l’écriture, elle étudie présentement aux HEC en vue d’obtenir un BAC en administration. Sa passion pour l’écriture l'a incitée à créer un blog, Liberté d’expression où l’on retrouve des articles sur des faits vécus, anecdotes et impressions personnelles.