1) Définir le concept. Point de départ de tout projet d’entreprise, l’idée doit être précise dans votre tête et vos paroles. Il va sans dire que vous ne pourrez avancer si la base n’est pas solide. « Qu’est-ce que je veux faire exactement ? Comment ? Pour qui ? Avec qui ? Pourquoi ? Quand ? Sous quelle forme ? » sont des questions que vous devez vous poser et auxquelles vous devez avoir une réponse claire, nette et précise. Vous pouvez tester entre amis pour savoir ce qu’ils retiennent de votre projet après que vous le leur ayez expliqué. Si chacun a une version différente, il y a un problème. Si vous êtes incapable de décrire en deux phrases (ou si vous préférez en 20 secondes) votre projet, c’est aussi un problème. Assurez-vous de bien maîtriser votre concept, afin que vous puissiez en parler à tout moment à un potentiel partenaire/investisseur/client.
2) Faire son étude de marché. Beaucoup de mythes planent sur l’étude de marché, pour ne pas dire craintes. Il y a de ceux qui la redoutent pour le travail qu’elle représente et d’autres pour le risque qu’elle comporte de dévoiler la faiblesse du projet d’entreprise qu’on veut démarrer. Je pense qu’il faut voir l’étude de marché comme un apprentissage, plutôt qu’une corvée. Sinon, quelle autre démarche nous permet d’apprendre à la fois tout sur notre secteur d’activités, nos concurrents et nos clients ? Différentes techniques et ressources existent pour vous permettre de gagner du temps en la réalisant, mais nul ne peut passer outre cette étape cruciale du lancement de son entreprise.
3) Bâtir un plan de financement. Toute entreprise qui démarre a besoin d’un plan de financement. Peu importe les besoins financiers (grands ou petits), il vous faut un budget. Prévoir vos besoins exacts ainsi que les sources de financement associées explique la nécessité d’avoir un plan de financement écrit. Ce dernier n’est pas seulement destiné aux entreprises qui doivent contracter des prêts : les très petites entreprises (TPE), les travailleurs autonomes peuvent aussi faire la démarche. Attention ! Il est primordial de ne pas sous-estimer ses coûts d’une part, mais aussi de ne pas surestimer ses revenus, sinon l’exercice s’avère vain. J’ai souvent entendu des entrepreneurs baisser les bras après cette démarche, prétextant ne pas avoir l’argent nécessaire pour partir en affaires. À ceci je réponds : « ne sous-estimez pas votre capacité à économiser ». Par exemple, que dites-vous de garder les 50$ du resto entre amis ? Ce montant vous permettrait d’imprimer vos cartes d’affaires pour approcher les clients. Et les 200$ de ce nouveau sac ? C’est votre site web (blogue simple) en un clic avec l’aide de cet(te) ami(e) qui s’y connaît bien.
4) Demander de l’aide technique. Au Québec, je vous dirais que ce n’est pas ce qui manque: des organismes de soutien à l’entrepreneuriat. Sur tous (ou quasi-tous) les territoires, il existe une organisation qui peut soit vous accompagner, ou vous référer à d’autres professionnels du domaine. Mon conseil : profitez-en. Ce sont pour beaucoup de personnes des ressources inestimables qui les aident d’une part à clarifier leurs idées, mais également à sortir de l’isolement dont souffre une grande partie les entrepreneur(e)s qui démarrent. Sans compter que ce sont ces mêmes organismes qui, s’ils n’offrent pas du financement eux-mêmes, sont au courant des différentes ressources qui existent en fonction de votre profil.
5) Organisation personnelle. S’organiser pour mieux réussir. En plus d’être le titre d’un livre connu, c’est aussi une règle d’or qui permet à tout(e) entrepreneur(e) en démarrage de bien préparer son rêve. Quand je parle d’organisation, cela implique certes une meilleure gestion de son temps et de déterminer les priorités de sa carrière. Mais plus encore, il s’agit d’un travail sur sa personne. Il faut s’assurer de vouloir partir en affaires et être prêt à faire les sacrifices que cela implique et à prendre les décisions qu’il faut. S’attarder à travailler pour améliorer son estime et sa confiance sont des éléments souvent très sous-estimés et qui en bout de ligne font la différence entre ceux qui réussissent et les autres. Cette confiance en soi vous aidera plus tard à développer votre leadership, qualité essentielle de l’entrepreneur(e). Il ne faut surtout pas oublier l’acquisition de compétences en lien avec votre projet pour vous garantir une meilleure crédibilité dans votre secteur et une meilleure emprise sur les services/produits offerts.
On oublie souvent les bienfaits des choses simples : rien que de préparer un environnement de travail bien défini et propre chez vous peut vous aider à mieux atteindre vos objectifs.
Photo: MBEConnect
Déborah Cherenfant a été conseillère en création et développement d’entreprises au cours des dernières années. Très impliquée dans le milieu des affaires, elle lance en 2011 le blogue Mots d’Elles qui aborde la réussite des femmes en affaires, et anime une émission radio sur le sujet. Chroniqueuse web pour différents magazines, elle est une passionnée de l’entrepreneuriat et des nouvelles initiatives dans le domaine! C’est en 2012 qu’elle développe Coloré, une marque d’accessoires urbains faits à la main avec des tissus traditionnels africains et antillais. Elle est chargée de projet Entrepreneuriat & Économie sociale à la Conférence régionale des élus de Montréal.

