Tu es originaire du Tchad. Avec tes frères et ta sœur, vous avez débuté votre carrière musicale en sol africain. Qu’est-ce qui a attiré H’Sao au Québec ?
En 2001, nous étions venus à Ottawa pour participer aux jeux de la Francophonie. Puis, on nous a proposé des contrats de spectacles à Montréal. On a décidé de rester, comme ça, sur un coup de tête. Le Tchad, en tant que pays, n’a pas de programmes ou de structures économiques et sociales assez solides pour encourager les arts et la culture. Tout le contraire du Québec ! Ici, on a la chance de pouvoir s’exprimer librement.
Côté adaptation, le tout s’est bien passé ?
Dans l’ensemble oui, tout s’est bien déroulé. Le seul hic, c’est qu’on a tout de suite rangé notre style musical dans la catégorie « musique du monde », ce qui nous a fermé des portes à bien des endroits, mais nous en a ouvert ailleurs. Parfois, faut juste cogner plus fort, si on veut rentrer (rires.)
Parle-moi un peu de H’Sao. D’abord, le nom que veut-il dire ?
Le « H » c’est pour hirondelle et « Sao » c’est en hommage à nos ancêtres Tchadiens. Je fais parti du groupe depuis que j’ai l’âge de 8 ans avec mes frères Caleb et Mossbass, ma sœur Taroum et nos deux amis d’enfance, Service et Dono. Nous faisons de l’afro pop. On a déjà deux albums à notre actif : H’Sao et Vol 235. Le troisième s’en vient. Ne vous inquiétez pas ! (Rires).
Afro pop, musique du monde… mais pour moi, à mon humble avis, votre musique ne peut être catégorisée. En fait, elle est très éclectique.
(Rires). Je suis très attaché à mes origines et à mes diverses cultures. En plus, je chante en plusieurs langues (français, arabe, sara, tchadien). Et c’est la même chose pour les autres membres du groupe. Du coup, c’est normal que ce métissage culturel se reflète dans notre musique. Mes origines font parties de moi. Je ne peux pas vraiment m’en dissocier et c’est tant mieux.
Et pourquoi avoir choisi la musique comme moyen d’expression ?
L’art c’est toute ma vie, mon âme, ma béquille, ma force... Grâce à la musique, j’ai la chance de faire des tournées à travers le monde entier. Elle me permet de dénoncer ce qui se passe dans mon pays et ailleurs. Si je pouvais toucher le plus de gens possible par mes chansons, je serais la personne la plus heureuse sur Terre.
Et l’avenir ça ressemble à quoi pour H’Sao, pour IZra L ?
Je lance ma boîte de production IZBIZ et je réalise en ce moment l’album TDD UNCONTROLLABLES avec mon petit frère Elete. De plus, plusieurs spectacles s’en viennent pour H’Sao. Je vais être bien occupé cette année inch’allah* ! (Rires).
Site web : www.hsao.ca
* Si Dieu le veut.

Photos: Laetitia Jourdan, IzBizProductions
Étudiante depuis beaucoup trop d’années déjà, Sonia a terminé une maîtrise en Littératures francophones et résonances médiatiques à l’université de Concordia. Dans ses temps libres, peu nombreux, elle écrit sur Fi Ezma, ses éternels combats et réflexions en tout genre et agrémente de ses commentaires tout débat lancé sur Facebook. Et, si des cases dans son horaire se libèrent, elle se permet des virées shopping dans les friperies, des petits concerts underground, des soirées cinéma à la maison et des bonnes bouffes entres amis.

