Bien avant le début de la représentation, l'ambiance du spectacle est installée. Des créatures mi-reptiles, mi-humains déambulaient parmi le public, encourageant celui-ci à faire la vague. Les consignes de sécurité et les commanditaires sont annoncés avec nonchalance par un clown polyglotte.
Amaluna nous projette sur une île imaginaire habitée par des déesses, inspirées de la mythologie grecque. La reine Prospéra y organise une cérémonie rituelle afin de célébrer le passage à l'âge adulte de sa fille, Miranda, ainsi que sa découverte de la féminité. (Le spectacle lui-même constitue un hommage aux femmes, qui forment 75% de l'équipe.) La reine provoque une tempête afin de faire échouer un groupe d'hommes sur l'île. La jeune Miranda sera immédiatement séduite par un nouvel arrivant, Romeo. Les deux amoureux devront toutefois subir de nombreuses épreuves avant de pouvoir trouver le chemin du bonheur et de la confiance.
La mise en scène est épurée et très aérienne. Les spectateurs sont invités à se détacher de la réalité pour pénétrer dans l'univers archaïque qui leur est présenté. Le décor demeure minimaliste et n'est composé que de deux passerelles, une plate-forme pivotante et de longues tiges de métal formant des bosquets qui se parent de mille couleurs à mesure que l'éclairage est modifié. Des trappes au sol et des ouvertures dans le plafond permettent aux personnages de surgir de nulle part, ce qui contribue à l’impression de magie, de rêve, de féérie.
La scène est magnifiée par les époustouflants costumes et accessoires que portent les personnages - telles que ces magnifiques queues de paons détaillées et réalistes rappelant le thème de la séduction - qui transforment l'atmosphère de manière radicale à chaque numéro.
Comme d'habitude avec le Cirque du Soleil, la musique occupe une place prépondérante au sein du spectacle. Le groupe rock (un girl band composé de 8 musiciennes, bien sûr!) encense le visuel et intensifie les émotions et l'énergie véhiculées par les performances.
Amaluna présente plusieurs numéros originaux: des funambules représentent l'insécurité propre aux relations amoureuses naissantes, des gymnastes voltigent sur des barres asymétriques dans des routines qui semblent inspirées des performances de Nadia Comaneci, une équilibriste sur plaquette évolue autour d'un gigantesque bol d'eau, un jongleur surprend par ses manèges originaux et des acrobates maniant des boules chinoises tout en faisant des saltos en équilibre sur les pieds de leur partenaire enflamment la foule.
Une grande place est attribuée à l'humour. Deux clowns assurent une interaction avec le public, et donnent naissance à des moments marquants, telle que cette berceuse, chantée en chœur par les centaines de spectateurs à la nombreuse progéniture du couple. Leurs interventions, sensées faire un parallèle ludique avec l'histoire de Miranda et Romeo, sont efficaces, mais comportent quelques longueurs.
Mis en scène par Diane Paulus (Bess, Prometheus Bound), Amaluna est présenté sous le Grand Chapiteau bleu et jaune du Vieux-Port de Montréal et prendra l'affiche au Port de Québec le 25 juillet. Les billets sont disponibles en ligne au www.cirquedusoleil.com


Photos: Cirque du Soleil

Étudiante en journalisme à l'Université de Montréal. Diplômée d'un baccalauréat en études cinématographiques et littérature comparée. Violoncelliste à ses heures et entraîneure de gymnastique. Dévoreuse de livres (et de tout ce qui se mange!) assidue. Future globe-trotter. Fascinée par le cinéma, l'art de la scène, le voyage, ainsi que l'individu, ses choix et ses incessants questionnements. Objectifs de journaliste: Expérimenter différents styles journalistiques. Varier mes centres d'intérêts. Apprendre. Objectifs de vie: le savoir, la découverte, le risque.

